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Rushemy Botter et Lisi Herrebrugh créateurs engagés

Dimanche 29 avril, la 33ème édition du Festival de Hyères consacrait deux grands gagnants, Rushemy Botter et Lisi Herrebrugh. Avec des créations directement inspirées d’un souci écologique au niveau maritime, ce duo remporte le Grand Prix haut la main, et récolte une bourse méritée, ainsi qu’une visibilité internationale. Rencontre avec ces designers des mers.

Nommée « Fish or Fight », en référence à l’actualité ainsi qu’à leurs propre observation du monde cette collection de la marque Botter met en avant des couleurs vives et s’inspirent directement des caraïbes, d’où est originaire Rushemy. « C’est dans les îles que nous avons puisé l’essence de cette collection, chez les gens, dans leur manière de s’habiller et de vivre », déclare Lisi au micro du TTT, décrivant une collection aux allures streatwear et poétiques, empathiques envers ces personnes souvent oubliées du monde de la mode, comme les pêcheurs : « Nous nous sommes imprégnés de leurs conditions de travail. Ils font partie de ceux qui se lèvent tôt pour nourrir leur famille, mais ce travail devient de plus en plus compliqué avec la dégradation de la qualité de l’eau ». Le couple s’inquiète notamment de la quantité de plastique présent dans l’océan, phénomène qu’ils observent depuis leur plus jeune âge sur les côtes caribéennes. Un travail et une réflexion portés sur l’écologie, mais également sur l’humain. En abordant les conditions difficiles, parfois injustes des migrants en Europe, le duo a pour principale volonté de « donner la parole à ceux que l’on n’entend pas ».

Car pour eux, l’élégance ne tient pas uniquement dans la coupe d’un vêtement, non. L’élégance, pour Rushemy -et c’est la plus grande force de Botter-, c’est « la manière dont on prend soin de soi, dont on traite sa famille aussi, c’est quelque chose de pur et honnêteÀ travers Botter, nous essayons de partager cet angle de vue : un homme, un vrai, est quelqu’un d’élégant, qui n’a pas peur de montrer ses émotions, de prendre soin de lui, mais également des autres ». Telle est la définition de l’homme Botter.

Rushemy et Lisi imposent une vision déstructurée et minutieuse de la mode, avec des accessoires faits-mains, une réappropriation originale du vêtement dans sa fonction propre et des détournements de logos. Les créateurs s’amusent et nous transmettent un état d’esprit plus serein, dépouillé de tout snobisme, au contraire, plus léger et bon enfant, que ce soit au show-room ou durant le défilé. Une bouffée d’air frais.

Avec ce prix, Rushemy et Lisi misent sur le bon développement de la marque, à commencer par une phase de recrutement qui leur permettrait de se concentrer sur le design de leurs produits : « Par la suite, nous comptons établir plus solidement notre marque, nous agrandir, mais également approfondir notre expérience. Nos amis, notre famille, apportent un soutien crucial dans notre démarche, mais pour le moment nous réalisons pratiquement tout à deux, et nous commençons à avoir besoin d’autres talents, que ce soit dans la communication ou autre ». Avec une présentation  de la collection Fish or Fight à New-York, puis à Paris, la notoriété de Botter est en bonne voie, d’autant que les lauréats ont également reçu 15 000 euros, jolie somme qui les aidera dans l’élaboration d’une collection à venir.

De nombreux participants au Festival pressentaient l’inéluctable victoire du couple, qualifié pour le Prix LVMH de cette année, de par sa prise d’engagement. Et en effet, avec l’écologie et l’humanité pour ADN, Botter semble être gageur d’une mode plus responsable, qui, espérons-le, façonne les prémices d’un monde durable.

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