fbpx

Felix Hausfater

  • Photo de La Jauría
    La Jauría : la possibilité d’une île
    |
    Réalisé par le cinéaste colombien Andrés Ramírez Pulido, La Jauría est un beau conte qui cherche à s’éloigner du récit carcéral habituel. Fin de Festival et premiers prix attribués : à l’issue d’une très belle Semaine de la Critique qui aura vu Ava Cahen réussir ses premiers pas avec brio, La Jauría a remporté un Grand Prix mérité. Passé en début de quinzaine, il narre l’histoire d’Eliú, criminel mineur incarcéré dans un centre de détention expérimental où la vie est rythmée entre des thérapies de groupe et des travaux manuels très physiques. Entouré d’autres détenus aux personnalités très marquées, le film...
    Lire
  • Photo de Crimes of the future
    Crimes of the future, les corps à l’arrêt
    |
    Loin du choc annoncé, le retour de David Cronenberg en compétition peine à surprendre, péchant par l’ambition faussement révolutionnaire de son récit que vient combler une imagerie grandiose. Une séquence, répétée près de trois fois, fait parfaitement illustration des forces et limites de Crimes of the future, nouveau film du cinéaste canadien 8 ans après la présentation de Maps to the stars sur la Croisette. Filmé alternativement en plan large et plan poitrine, Saul (joué par Viggo Mortensen) s’efforce de porter une cuillère de nourriture à sa bouche, assis dans une espèce de fauteuil squelettique mouvant. La scène fascine dans...
    Lire
  • Photo de Armageddon Time
    Armageddon Time, une histoire Gray
    |
    Le nouveau film de James Gray, présenté en compétition, continue d’explorer l’intime familial sur une trame new-yorkaise autobiographique. En refusant une émotion qu’on lui connaissait, son cinéma prend une épaisseur politique bienvenue. Il semblait y avoir beaucoup de festivaliers déconcertés par la projection hier d’Armageddon Time. Comme si – conformément à ses quatre passages précédents en sélection – Cannes devait rester condamnée à une herméticité cruelle vis-à-vis d’un des cinéastes américains les plus brillants de sa génération. James Gray donne ici un récit d’inspiration autobiographique sur son enfance dans le Queens des années 80, où un petit garçon turbulent (Paul)...
    Lire
  • Bannière Festival de Cannes
    Cannes 2022 : ce vieux rêve qui bouge
    |
    Un an après une édition aussi désertée que son nombre de films était pléthorique, le plus grand festival de cinéma international s’apprête à reprendre ses quartiers le 17 mai. Organisé autour d’une programmation sans grandes surprises, celui-ci semble pourtant marquer le pas après des années qui devaient amorcer des changements. Le dernier Festival de l’ancien monde avant les grands travaux ? L’officielle : rester verticale Une compétition comptant 21 films pour 17 réalisateurs et seulement 5 réalisatrices, aucun premier film et Cannes Première en lot de consolation des gros noms : sans le moindre doute, Thierry Frémaux a fait du Thierry Frémaux,...
    Lire
  • Tapis rouge de Cannes
    Bilan Cannes 2021 : du cœur, des choix et des retrouvailles
    |
    Après le sacre de Titane samedi 17 juillet, l’heure est venue de faire les comptes de cette édition. 35 films vus en 11 jours – soit bien plus d’heures que celles dormies la nuit –, beaucoup de satisfaction et au moins autant de fatigue : c’est le premier bilan, reproductible ad nauseam au fur et à mesure des années de Festival, que l’on peut tirer. Pourtant, le temps semblait suspendu à l’ouverture cette année, comme si chacun attendait de voir si masqués et pass sanitaire en poche les festivaliers seraient présents (et de quelle manière). Ce fut d’abord et comme toujours...
    Lire
  • Vicky Krieps dans Serre-moi fort
    Serre-moi fort : Mon Dieu, aide-moi à survivre à cet amour mortel
    |
    Avec ce film crépusculaire présenté dans la sélection Cannes Première, Mathieu Amalric trace son chemin dans un cinéma obsédé par la disparition, aidé par une Vicky Crieps immense. 4 ans depuis Barbara et pourtant, on semble avoir laissé Mathieu Amalric là où en était restée son œuvre : sur des fantômes. Serre-moi fort continue donc dans cette veine, racontant d’abord « ce qui semble être l’histoire d’une femme qui s’en va » ; laquelle femme, Clarisse, s’éclipse du jour au lendemain de la maison familiale pour laisser mari et enfants. Le récit vient ensuite naviguer dans des eaux plus troubles, où Clarisse paraît...
    Lire
  • Isabelle Huppert en masterclass au Festival de Cannes 2021
    Masterclass d’Isabelle Huppert : impératrice en son royaume
    |
    Ce 13 juillet, Isabelle Huppert répondait aux questions de Guillemette Odicino et Philippe Rouyer devant un public déjà conquis. Présente en ouverture d’Avignon pour La Ceriseraie (Tiago Rodrigues), ce fut l’occasion pour elle de revenir sur son rapport aux metteurs en scène et son regard sur le théâtre et le cinéma. 28 films (!) en sélection officielle, deux prix d’interprétation féminine (Violette Nozière et La Pianiste), présidente du jury en 2009 : c’est peu dire que Isabelle Huppert « a tenu tous les rôles à Cannes, sauf le mien qu’elle ferait pourtant à merveille » comme annonce Thierry Frémaux en ce début de...
    Lire
  • Drive my Car, de Ryūsuke Hamaguchi
    Drive my car : le plein des sens
    |
    Film fleuve de 3h, le film de Ryūsuke Hamaguchi livre une puissante réflexion sur les responsabilités individuelles et la possibilité cathartique qu’offre le métier d’acteur. Il aura donc fallu attendre 5 jours de Festival pour retrouver des films à potentiel de Palme. On attendait beaucoup de Hamaguchi, on en ressort lessivé après la proposition formelle la plus passionnante depuis Annette. Pour résumer brièvement : un metteur en scène de théâtre, dont la femme adultère meurt le jour où elle semblait devoir lui faire des confessions, tente deux ans plus tard d’adapter « Oncle Vania » de Tchekhov, conduit par une chauffeuse-confidente à chaque...
    Lire
  • Seidi Haarla dans Compartiment n°6
    Compartiment n°6 : Voyages voyages
    |
    Le film du réalisateur finlandais Juho Kuosmanen, présenté en compétition hier, ne cherche pas à bousculer une compétition inégale pour le moment mais présente une invitation au voyage presque hors du temps après un an et demi de Covid. Situé dans les années 90, Compartiment n°6 raconte le voyage en train d’une femme finlandaise allant étudier les pétroglyphes de Mourmansk et contrainte d’occuper le même compartiment qu’un voyageur russe à la même destination. Peu disposés à s’entendre, ceux-ci vont progressivement s’apprivoiser. Avec un récit assez classique (voyage-rencontre-liens tissés), Kuosmanen semble d’ailleurs échouer à créer une forme originale : les ficelles apparaissent...
    Lire
  • Anne Frank et Kitty
    « Où est Anne Frank ! » : les variations maîtrisées d’Ari Folman
    |
    Premier film en 8 ans pour Ari Folman après Valse avec Bachir (2008) et Le Congrès (2013), Où est Anne Frank ! (hors-compétition) était particulièrement attendu. Cette fable contemporaine en animation donne aussi l’opportunité d’être analysée à l’aune des thématiques récurrentes dans le cinéma d’Ari Folman. Le synopsis peut se résumer de cette manière : Kitty, l’amie imaginaire d’Anne Frank, se retrouve projetée dans le monde contemporain sans connaître la date ou l’histoire de celle-ci. Embarquant avec elle l’original du journal, elle tente de composer avec le monde qui l’entoure tout en utilisant le journal pour replonger à l’époque d’Anne Frank et...
    Lire