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Samedi 10 mars, à Paris, au cœur du Marais, dans un bâtiment du XIXe siècle réhabilité avec art par l’OMA, agence de l’architecte Rem Koolhaas, un public connaisseur découvre la nouvelle fondation d’entreprise du groupe Galeries Lafayette, Lafayette Anticipations. À l’honneur, l’artiste américaine Lutz Bacher, avec son exposition « The silent of the sea », admirablement scénographiée dans ce lieu étonnant, est à admirer jusqu’au 30 avril, au 9 rue du Plâtre. Portrait d’un lieu qui se veut bien plus qu’un musée ou qu’une simple fondation.

Véritable machine curatoriale, ce qui va très bientôt devenir l’un des lieux artistiques les plus incontournables de la capitale n’est pas une idée récente, mais la beauté prend parfois du temps pour s’épanouir.

Initiée en 2013, sous l’impulsion du groupe Galeries Lafayette et de la famille Moulin, qui en est la principale actionnaire, Lafayette Anticipations rassemblera à l’avenir les créateurs internationaux les plus innovants des domaines de l’art contemporain, du design et de la mode avec pour ambition de s’inscrire comme le partenaire incontournable des sensibilités artistiques les plus anticipatrices, mais également comme un « lieu de vie, de parole et d’idées à destination du grand public ».

On pourrait voir là un énième ambitieux projet, semblable à la Fondation Vuitton ou à la prochaine collection Pinault. En réalité, Lafayette Anticipations s’inscrit dans une démarche plus singulière, à savoir « un toit convivial sous lequel artistes et citoyens participeront à la transformation des formes et des idées » explique Guillaume Houzé, son président. Un « toit » au sens propre, puisqu’il s’agit-là non seulement d’une résidence d’artistes, mais aussi d’un réel Think Tank novateur pour les arts, «  à la fois une machine, une maison pour les artistes, un site de production sur mesure, un lieu de vie ». C’est là l’innovation de cet endroit, qui tranche avec ce que Paris compte déjà comme lieux de culture : devenir un espace vivant, respirant au rythme d’artistes hébergés, d’un public participant, et d’une écoute sans cesse renouvelée des besoins, des envies, des créations qui jalonnent le monde de l’art.

L‘idée est belle, le lieu est à son image : multiple. 875 m² d’espaces d’exposition, enrichis d’un atelier de production de 350 m² situé au sous-sol, le tout complété d’un espace dédié à la pratique artistique pour tous les publics, d’un café-restaurant, ainsi que d’une boutique.

Tous ces différents espaces ont su prendre vie et trouver leur place grâce au  travail remarquable de l’architecte Rem Koolhaas, à qui le groupe Galeries Lafayette a commandé une configuration modulable : le bâtiment, constitué de 7 niveaux organisés en U autour d’une cour, peut être traversé librement. Une « tour d’exposition » équipée de quatre planchers mobiles superposés, est insérée au sein-même de la cour. Les dits planchers, grâce à leur moteur embarqué, peuvent se déplacer indépendamment les uns des autres. Ce jeu innovant de plateformes permettra, au fil des expositions, des modifications scénographiques, avec plus de 49 configurations différentes.

Un pari osé, mais un défi relevé, qui vient davantage encore enrichir le paysage culturel et artistique parisien. À travers son audacieuse conception, mais également sa ligne artistique, la Lafayette Anticipations annonce clairement sa volonté de dépasser la simple condition de fondation ou de musée, et rivalise d’audace avec les lieux les plus innovants du reste du monde. Avec la Lafayette Anticipations, Paris annonce sa volonté de ne pas se reposer sur ses lauriers et de rester à l’affût des plus grands créateurs de demain.

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