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Irina Ionesco, fantasmes bourgeois

Aussi TROUBLANTE que déroutante, Irina Ionesco. Grande artiste, inspiratrice de photographie et de photographe nous cache encore des mystères

Née en 1935 à Paris de parents immigrés Roumains, Irina Ionesco fait parti de ces artistes qui connus largement la controverse. C’est depuis ce Noël 1964, où son ami de l’époque, l’artiste d’avant-garde Belge, Corneille, lui offre un reflex d’une grande marque japonaise (qui d’ailleurs fut les premiers à l’exposer dans leur galerie à Paris), un appareil qu’elle continue d’utiliser encore aujourd’hui. Des portraits de sa fille, Eva, nue à 14 ans, aux femmes ténébreuses, habillées de robes de mariées mortuaires, grandement accessoirisés d’objets funèbres et inquiétants, ses premiers ouvrages comme Litanies pour une amante funèbre, offre un regard précurseur sur la photographie qui inspira largement par la suite bon nombre de photographes, artistes et magazines, jusqu’à aujourd’hui. Ces ouvrages nous montrent une identité de la femme, transformée en objet de possessions sexuelles. La forte concentration d’objets symboliques sur chaque photo donne lieu à une théâtralisation du sujet, mais aussi, les clichés révèlent de ses propres fantasmes, le tout dans un excès que l’on pourrait qualifier de jouissif. La plupart de ses modèles était des inconnues, des comédiennes d’un jour, des prostitués. Elle pense que c’est ce qui a beaucoup apporté à ses œuvres, la femme, est là pour donner ; «L’érotisme, c’est la vie, le contraire de la mort». Elle collabora pendant plus de 20 ans avec bon nombre de magazines comme Vogue, Playboy ou  Dazed and Confused.
La femme, transformée en objet de possessions sexuelles
Nous trouvons dans son travail, au delà des symboliques, une forte représentation spirituelle. Elle expliqua un jour dans une interview que le miroir ne se contente pas de refléter celui qui se présente devant lui, il reflète aussi tout ce qui se trouve autour et derrière la photographe : son passé, sa jeunesse, son enfance, ses vies antérieures avec leurs cortèges d’insouciances, de joies, de peines, de drames et de souffrances. Il s’agit pour Irina d’une véritable revendication existentielle. Ainsi, en pécheresse attirant dans ses filets des fantasmes bourgeois et surannés, en femme voilée ou masquée laissant planer un parfum de mystère oriental. En guerrière harnachée tenant en laisse des chats féroces et ronronnant, en fillette perdue dans les méandres d’une histoire fantastique et fantasmagorique qui la dépasse, en odalisque lascive soumise aux regards des hommes en quête d’érotisme exotique, en reine régnant sans partage sur une cour assujettie à une volonté de velours. Il s’agit toujours d’Irina, en autoportrait décalé, par procuration. Elle fait simplement appel à ses modèles comme à des acteurs, comme à des doubles d’elle-même, des prolongements, lui permettant d’être à la fois devant, derrière et dans ce miroir qui pourrait être celui d’Alice. Irina ne joue pas un rôle mais reste précisément dans sa singularité et sa pluralité, avec l’apparence d’une autre.
 Des fantasmes bourgeois et surannés
Son dernier livre, Le Japon interdit, est un très beau recueil d’images érotiques au Japon, où elle confronte l’homme et la femme, habillés de style traditionnel. Elle fut présentée pour la dernière fois en Septembre à la 12ème Biennale d’art contemporain de Lyon, après la longue vague de déferlement des chroniques à propos du procès avec sa fille, malgré un ouvrage, Eva: Éloge De Ma Fille, publié en 2004. Aujourd’hui, nous pensons fort que bon nombre de pellicules n’ont jamais été tirées, et donc montrées au jour. Irina Ionesco, connue et reconnue, cache encore une part de mystère…
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