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Après une escapade américaine, le réalisateur Xavier Dolan retourne à ses origines québécoises et nous invite à le suivre dans son univers mêlant drame, rire et pleurs. Une interrogation toujours portée autour de la sexualité et l’émancipation où nous retrouvons à nouveau le réalisateur endossant le premier rôle de son propre film.

Matthias et Maxime, deux amis d’enfance, doivent échanger un baiser lors d’un tournage pour le film d’une amie. D’ici, le film nous emmène dans les questionnements des jeunes hommes et nous sommes invités à suivre leurs vies et celles de leur bande de copain. Une part de mystère tourne autour des personnages, mais finalement sans en savoir beaucoup, on décèle la fragilité qui pousse malheureusement à agir contre sa propre volonté. Toujours aux commandes du montage, Xavier Dolan nous a dévoilé un film à la fois brut et subtil, avec des scènes combatives mais aussi de belles longueurs où la maîtrise du plan, de la lumière et de la bande son, signature du personnage, pimentent une intrigue cousue de fil blanc.

Un génie en mouvement

Beaucoup de cinéphiles et de critiques considèrent Dolan comme un génie. Un génie précoce qui sait depuis ses premiers films, sublimer une situation banale par un plan, un effet de caméra ou une association image / bande son d’une rare justesse. Dans ce long métrage, comment rester insensible à ce pano-travelling sous la pluie, dévoilant et déflorant une scène clé du film ? Comment ne pas rire des dialogues typiquement canadien, intraduisibles en français ou en anglais ? Dolan arrive souvent à conjuguer les émotions, tant celle du passé que du présent. Les acteurs du film, ses propres amis dans la vie réelle, ne semblent pas jouer mais vivre leurs rôles.

Les critiques cannoises tournent autour de la même question : est-ce un film sur l’homosexualité ? Oui, Xavier Dolan nous a « habitué » à traiter de cette interrogation depuis son début de carrière. Mais selon les dires du réalisateur de « Mommy », ses films ne sont pas des « films gay ». Alors que voir dans « Matthias et Maxime » ? Simplement une chronique de la jeunesse à la fin de la vingtaine, qui commence une vie adulte sans cesse repoussée, et qui se posent d’innombrables questions, dont celle de leur sexualité.

L’attente de la consécration

Ce constat résume bien l’histoire d’amour entre Dolan et Cannes, l’éternel jeune réalisateur âgé de 30 ans attend, sûrement avec impatience, de pouvoir mettre sur sa cheminée la précieuse Palme d’Or. Pour cela, les professionnels et le jury n’attendent-ils pas un autre Dolan ? Un Dolan qui surprend, plus frais, plus subtil et moins dans un confort de refaire des réalisations trop proches et sans les particularités de ses débuts qui nous avaient tous charmées.

A l’écran, nous retrouvons avec plaisir comme une madeleine de Proust, une Anne Dorval méconnaissable en mère de famille, une brochette d’acteurs aussi spontanés que touchant et un Xavier Dolan, devant et derrière la caméra, au visage maculé d’un signe distinctif dont nous ne saurons jamais l’explication. Les cocons québécois dans lesquels nous naviguons sont purs et authentiques. L’incrustation de la musique sur certains plans révèle effectivement du génial, tout comme les ambiances atmosphériques. Entre histoire connue et compréhensible dès le début et réalisation soignée, critiquer le film, en bon ou en mal, relève d’un dilemme dont nous vous laissons juge. 

Mathias et Maxime - Xavier Dolan - Festival de Cannes 2019

Matthias et Maxime

Xavier Dolan (Canada)
1 h 59
En compétition officielle
Avec Gabriel D’Almeida Freitas, Xavier Dolan, Pier-Luc Funk, Micheline Bernard, Antoine Pilon, Anne Dorval
Sortie prochainement.

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