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Palme d’Or 2022 : La croisière s’amuse chez Ruben Östlund avec « Triangle of Sadness »

Après onze jours de compétition entre les films sélectionnés pour ce 75e Festival de Cannes, le Jury présidé par Vincent Lindon a décerné ce samedi 28 mai la récompense suprême. C’est le réalisateur suédois Ruben Östlund qui s’est vu recevoir la Palme d’Or pour « Triangle of Sadness » (Sans filtre), il l’avait déjà remporté en 2017 pour « The Square ». Découvrez également le reste du Palmarès. 

Cinq ans après sa première victoire en compétition officielle, ainsi qu’un passage remarqué en 2014 avec Snow Therapy (Prix du jury de la section Un certain regard), c’est avec un enthousiasme fort que s’annonçait le retour de Ruben Östlund sur les marches du Palais des Festivals. Consécration aussi forte qu’inattendue pour le réalisateur qui rejoint un club très fermé en devenant le neuvième cinéaste doublement palmé, avec Francis Ford Coppola, les frères Dardenne, Michael Haneke et Ken Loach entre autres.

Ruben Östlund reçoit également le Prix des Cinémas Art et Essai de l’AFCAE et sera distribué en France par Bac Films.

Ruben Ostlund Cannes 2022
Croisière en manque de profondeur (Bac FIlms)

Summer Madness 

Dans cette comédie de 149 minutes, Sans filtre est à l’image d’une vaste critique sociale peu objective et très surfaite, s’amusant des clichés sur l’industrie de la mode et du train de vie d’oligarques déconnectés. Ils sont jeunes, beaux et riches, Carl et Yaya sont deux anciens mannequins reconvertis dans le monde de l’influence. Au bord de la rupture, ils s’accordent le temps d’une croisière pour renouer les liens, mais celle-ci sera amenée à échouer jusqu’au renversement total d’une classe, social et économique, qui n’a plus lieu d’être en cas de naufrage.

Comme promis, le registre comique est à son comble sur la quasi-intégralité du long métrage et les applaudissements tonnèrent dans la salle tant se succèdent gags et situations grotesques. Seulement, la longue séquence de vomis et les idioties de nos protagonistes ne suffisent en rien à contenter notre soif de profondeur. L’on se laisse bercer sur ces images douces de vacances, du yacht Christina O (le célèbre navire d’Aristote Onassis) jusqu’à cette île digne des plus beaux paysages des Cyclades, mais la recherche constante de sens, d’un message qui vient appuyer certaines blagues jusqu’à la lourdeur, tente en vain de ranger le film dans une catégorie qui finalement lui sied peu. On aurait aimé en rester à une lecture plus simple des choses, que de tomber dans une satire extrapolée et peu parlante d’une société totalement aliénée, à la manière d’un Idiocracy premier degré qui concentrerait sur une poignée de millionnaires sur un bateau. De cette tentative maladroite le film nous laisse ainsi sur ces quelques notes : joli, marrant, mais trop suffisant.

Palmarès de la 75e édition du Festival de Cannes. 

Palme d’or
TRIANGLE OF SADNESS réalisé par Ruben ÖSTLUND

Grand Prix ex æquo
CLOSE réalisé par Lukas DHONT

STARS AT NOON réalisé par Claire DENIS

Prix de la Mise en Scène
PARK Chan-wook pour DECISION TO LEAVE

Prix du Scénario
Tarik SALEH pour BOY FROM HEAVEN

Prix du Jury ex æquo
EO réalisé par Jerzy SKOLIMOWSKI

LE OTTO MONTAGNE réalisé par Charlotte VANDERMEERSCH & Felix VAN GROENINGEN

Prix du 75e
TORI ET LOKITA réalisé par Jean-Pierre & Luc DARDENNE

Prix d’Interprétation Féminine
Zar AMIR EBRAHIMI dans HOLY SPIDER réalisé par Ali ABBASI

Prix d’Interprétation Masculine
SONG Kang-ho dans BROKER réalisé par KORE-EDA Hirokazu

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