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La Montage : Trekking dans l’esprit des Alpes

Alors qu’il était en conférence à Chamonix, Pierre, un ingénieur dans la technologie robotique avancée, ne résiste pas à l’appel de la montagne qu’il aperçoit depuis sa fenêtre. Ce qui devait être un weekend se transforme en exil, dans ce film de Thomas Salvador présenté à la Quinzaine des réalisateurs. 

Son périple durera plus long que prévu car Pierre (Thomas Salvador) fait partie de ces quarantenaire csp+ en pleine crise existentielle, et trouvent les moyens d’envisager leur vie autrement que dans une routine obscure. Mal expérimenté mais plutôt courageux, il ne tarde pas à emprunter l’itinéraire difficile pour installer son bivouac sur le glacier qu’il fantasmait. Faisant face aux difficultés les plus courantes : monter un tente dans la neige, le vent une fois la nuit tombée, parcourir les sentiers non tracés, parfois en rappel, notre héros ne se dégonfle pas. La rencontre avec la cheffe d’un restaurant d’altitude (Louise Bourgouin) va l’encourager à poursuivre un but qu’il ignorait : ne faire qu’un avec son milieu.

Thomas Salvador dans La Montagne
La Montagne de Thomas Salvador, distribué par Le Pacte · Présenté à la Quinzaine des réalisateurs 2022

Quid d’un parisien dans les alpages

La film bascule sur une dimension inattendue, assumant un parti-pris artistique dans la représentation d’une forme de vie mystique et lumineuse au cœur de la montage. Là où il serait facile de céder à une interprétation purement fantastique de cette rencontre avec des chimères des montagnes, composée d’une matière étrangère à la fois organique et minérale, c’est plutôt la dimension animiste que l’on retient dans ces longs plans où l’homme se confond avec la roche. La prise de conscience des mutations, de la fonte de glacier progressive annoncé dès le début du film jusqu’aux témoignages des locaux avec lesquels Pierre est amené à échanger, sont les sentinelles d’un danger déjà bien amorcé. Les plans d’un calme olympien et les contrastes tantôt intenses tantôt diffus rendent à cet environnement son caractère exceptionnel, laissant une place au silence que l’on contemple sans aucune lassitude. Thomas Salvador fait une déclaration en poésie à ces reliefs dont on oublie souvent la fragilité, aux glaciers qui connaitront le même sort que les stations de basses altitudes, à cet esprit de la montagne qui perd chaque jour de son âme sans ses neiges éternelles. Certainement l’une des leçons les plus pertinentes de cette édition de la Quinzaine.

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