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Basquiat s’invite à la Fondation Louis Vuitton

Depuis le 3 octobre 2018 et jusqu’au 19 janvier 2019, se tient  à la fondation Louis Vuitton l’exposition Basquiat, présidée par Dieter Buchhart, et qui retrace l’œuvre de l’artiste entre 1980 et 1988, mettant en avant une centaine d’œuvres témoignant tant de la force plastique et de la capacité expressive de l’artiste, que de son incroyable modernité.

 

Amoureux des corps, des filles et des garçons, de la diversité, de la fête, de la décadence et de tout ce qui brille, mais aussi du vrai, du brut, du beau, du laid, du palpable et de l’impalpable, Jean Michel Basquiat, de par son mode de vie underground avant-gardiste, son amour et son besoin de diversité mais aussi de par sa façon de penser et de créer, entre particulièrement en résonance avec l’époque actuelle.  L’exposition qui lui est consacrée dépeint un homme réellement habité par son art, qui emportait tout son environnement dans son univers mental et créatif, et recouvrait tout ce qui l’entourait de sa pensée et de sa peinture.

La passion et l’activité incessante du jeune peintre, qui a connu des débuts difficiles dans les rues de Brooklyn, lui ont rapidement permis d’être soutenu par l’un des plus grands, Andy Warhol, qui a su appuyer la valeur et le génie de ses créations. Créations,  qui, dès les premières phases de recherche qu’a connues l’artiste, caractérisaient déjà son travail, et laissaient déjà apparaître une signature et une identité forte et singulière, qui n’ont cessé de s’affirmer.  Cette signature « Basquiat » est d’ailleurs devenue si désirable et reconnue que le petit protégé d’Andy Warhol a même dépassé son maître en 2017, lorsque l’une de ses toiles a été cédée pour 110,5 millions de dollars, contre 105, 4 millions de dollars pour l’œuvre d’Andy Warhol la plus chère. Des chiffres permettant de situer Jean Michel Basquiat parmi Les artistes à plus haute valeur financière, mais aussi artistique.

Jean Michel Basquiat, malgré sa mort par overdose à seulement 27 ans, reste effectivement l’un des plus grands artistes de sa génération. Fasciné par le travail de biologiste d’une de ses compagnes, Alex Adler, il a rapidement associé les lettres, chiffres et symboles à sa peinture, qu’il a affichée sur tous types de supports : toiles, mobilier (même personnel), vêtements, etc. montrant ainsi que l’art peut jaillir de tout et s’exprimer à travers et sur tout. Effectivement, l’homme prêtait une véritable attention à  ce qui l’entourait, et était capable d’associations surprenantes et hautes en couleurs pour exprimer avec force les émotions et les idées qu’il voulait retranscrire : « Il s’inspirait de tout ce qui l’entourait, de n’importe quelle source. Il le disait, « J’ai besoin d’être entouré de sources matérielles d’inspiration pour réussir à travailler ». », a raconté Didier Bucchart dans un entretien réalisé pour TTT. D’autre part, la dimension spirituelle qui émane de son œuvre semble provenir d’inspirations plus immatérielles, telle que la culture vaudou haïtienne dans laquelle il a grandi, et qu’il a également  partagée avec Suzanne Mallouk, laquelle se disait fille de sorcière, et a été la compagne du peintre durant les dernières années de sa vie.

Le commissaire de l’Exposition ne peut s’empêcher de faire remarquer l’écho que le travail de l’artiste trouve aujourd’hui dans le monde contemporain : « Nous vivons à l’ère d’après internet, et la façon que nous avons de travailler en « copier/coller », (…) ressemble à s’y méprendre à l’art de Basquiat dans les années 80. (…) Il sentait notre présent arriver. (…) Il parlait de notre époque sans y appartenir, communiquait à travers différents moyens esthétiques qu’on emploie aujourd’hui, et ce faisant nous a donné une nouvelle possibilité de former de nouvelles idées, de nouvelles pensées. Il a construit des espaces entiers pour y laisser la place de penser. »

Par ailleurs, l’artiste mi portoricain-mi africain ne s’est pas contenté de ces belles avancées artistiques mais a également beaucoup apporté sur le plan social et politique, en contribuant grandement, à travers un travail aussi sensible et percutant qu’engagé, à créer une place aux personnalités noires au sein de la scène artistique américaine.

Enfin, dans le cadre de l’exposition, l’œuvre de ce visionnaire de génie est associée à celle d’un autre grand artiste : Egon Schiele, duquel on peut également dire qu’il fût, lui aussi, connecté à son époque tout en la devançant déjà : « Les changements dans nos façons de communiquer, nos façons de travailler ou de vivre sont tout autant d’actualité chez Schiele mais encore différents, et 70 ans avant Basquiat. » explique Dieter Buchhart.

Pour un seul et même ticket, une immersion au cœur de l’oeuvre de ses deux peintres vous est donc proposée.  Pour en savoir plus, l’interview complète de Dieter Buchhart est disponible dans dans le TTT n°VIII.

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