Yohji Yamamoto | FW 17/18 : avant-gardisme et volupté
Fall-Winter 17/18

Yohji Yamamoto | FW 17/18 : avant-gardisme et volupté

Fashion Week de Paris. Durant une semaine, les créateurs ont mis la femme à l’honneur avec leur collection automne-hiver 2017-18. Vendredi 3 mars, c’était au tour de Yohji Yamamoto de nous dévoiler sa version. Retour sur le catwalk.

Cette semaine, la Fashion Week a pris ses quartiers à Paris. Un planning particulièrement attendu, pour ses designers mais aussi pour le symbole que représente la capitale française dans la sphère de la mode.
La journée du 3 mars s’est achevée sur une note pleine de poésie : Yohji Yamamoto. En janvier dernier, le créateur japonais nous présentait sa collection « Work Hard » FW 17/18 pour l’homme. Cette fois-ci, c’est la ligne femme, « Ring My Bell », pour cette saison , qui a été révélée aux Docks, à la Cité de la Mode et du Design.
La salle du défilé, immense et parsemée de grandes colonnes, donnait l’impression d’un lieu froid. Il n’en est rien. Une fois les spots allumés, les premières notes de musique ont pu retentir. Des accords de guitare façon country, un peu blues parfois, rythmaient la présentation. Puis les paroles « I like your voice ; I like the way you smile, I like your hairs » sont venues se greffer, donnant l’illusion d’une berceuse mélancolique.
Les mannequins, à la peau nacrée, avançaient lentement, presqu’au ralenti. Comme si l’espace de quelques minutes, le temps s’était suspendu pour Yohji Yamamoto. Elles étaient maquillées de rouge et de noir sur les yeux, comme de rapides coups de pinceaux sur une toile. Les lèvres noires contrastant avec la blancheur de certaines.

Avant-gardisme et volupté

 

Pendant près de 20 minutes, 46 looks se sont enchaînés. Une collection composée principalement de vêtements drapés, pliés, repliés, tordus. Des coupes asymétriques, géométriques voire disproportionnées, propres au directeur artistique. Comme à son habitude, le japonais s’est voulu avant-gardiste, loin des diktats imposés par l’industrie de la mode.
Les couleurs sombres et nobles étaient le maître mot de la ligne : noir, gris, kaki. Les manteaux étaient déstructurés. Les jupes bouffantes. Les pantalons larges se portaient taille haute. Les robes bustier étaient fendues à la cuisse. Des inspirations chères à Yohji Yamamoto, qui aime la désintégration du vêtement et la remise en question de sa construction.

Considéré comme l’un des plus grands créateurs japonais, il n’est pas près de finir de nous étonner. Toujours plus poétique et unique.

© MONICA FEUDI