Trump dit stop, la mode passe au vert
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Trump dit stop, la mode passe au vert. 

Le 1er juin dernier, Donald Trump annonçait le retrait des États-Unis de l’accord climatique de Paris. Une annonce vivement critiquée à l’international. Le secteur qui s’est particulièrement manifesté est celui de l’industrie de la mode. Décryptage. 

Dès sa campagne présidentielle, Donald Trump n’avait pas caché sa position en terme de la politique environnementale. Sa politique America first veut mettre en avant l’intérêt économique américain. Le 1er juin lorsque la nouvelle est tombée, pas de grande surprise, le 45e président américain avait prévenu. He did it. L’accord climatique de Paris, signé en 2015, avait été crée pour réduire les émissions de dioxyde de carbone. Une puissance comme les États-Unis se retirant d’une telle avancée écologique mondiale est problématique. Une décision qui aura des conséquences irréversibles à l’échelle planétaire.

 

Protestataires, de nombreux leaders du monde de la mode ont décidé de réagir. Il est hors de question de régresser, surtout sur le plan environnemental. L’objectif des marques de diminuer la diffusion de CO2  doit rester une priorité, au même titre que l’exploitation des enfants ou des conditions de travail parfois désastreuses. Rappelons quand même que les États-Unis restent les plus gros producteurs de dioxyde de carbone. Rompre l’accord de Paris est une catastrophe écologique. Si ce gaz persiste dans l’atmosphère, les effets néfastes sur notre faune, notre flore mais aussi sur notre civilisation s’intensifieront. Conséquences qui peuvent peut-être, être évitées. L’annonce du retrait des USA conserve encore une portée symbolique puisque l’engagement ne peut être rompu avant la prochaine élection présidentielle américaine, soit en novembre 2020.

La césure est faite. Un peu partout dans le monde, les dirigeants des plus grandes sociétés se sont soulevés par le biais de lettres ouvertes ou d’achats d’encadrés dans les journaux. Les États-Unis ne doivent pas oublier leurs intérêts, mais le pays doit également réfléchir à un avenir plus respectueux de l’environnement. Si le gouvernement n’impose plus de cadre, certaines entreprises ne ressentiront plus la nécessité de réformer leur système de production. Les pressions sur les marques seront alors moindres, si elles ne respectent pas les objectifs fixés pour lutter contre le dérèglement climatique.

Une contestation légitime. Aujourd’hui, de plus en plus de marques veulent surfer sur cette idée d’un meilleur respect de l’environnement.
Les consommateurs veulent que ces sociétés internationales, aussi bien dans la mode que dans des produits plus courants prennent position sur ces questions écologiques et donc politiques.

Affirmer ou réaffirmer leur point de vue et l’assumer, pour pouvoir en faire parfois même une image de marque. Des entreprises telles que Gap, Nike, Tiffany&Co veulent continuer d’avancer vers une avenir plus sain pour notre planète en essayant de mettre en place des moyens pour consommer moins d’énergie, ou baisser les taux d’émissions de dioxyde de carbone. Baisser la diffusion de gaz toxiques et le nombre de déchets reste onéreux et complexe à mettre en place et à faire durer. La rupture avec l’accord de Paris sous-entend que l’état américain n’aura plus besoin de fournir des aides pour améliorer le mode de production voire le revisiter.

D’autres se différencient encore en affirmant haut et fort la place de l’écologie au sein de leur organisation créative et productive, des matières utilisées et dans leur conception de la mode. C’est la cas de Rombaut, une marque végane de chaussures dont leur constitution est faite à 50% de matière naturelles. Les français Bilum qui transforment des bâches publicitaires géantes, des airbags, des voiles de bateau en sacs et accessoires de mode. Ou encore Nudie Jeans, label suédois spécialisé dans le denim brut, qui plonge les jeans dans de la teinture indigo et ne reçoivent aucuns traitements par la suite. Au fur et à mesure que le blue-jean est porté, il change de couleur.

Paskal | FW 17/18

L’industrie de la mode et ses dégâts

Si autant de sociétés prennent parti pour un meilleur avenir de notre Terre, c’est parce qu’elles veulent avancer. Sortir de ce cercle vicieux de fast production et respecter comme il se doit l’environnement. Le commerce de la mode est le deuxième pollueur mondial d’eau. L’exploitation du coton utilise plus de pesticides que tout autre culture dans le monde, contaminant indirectement les sources potables. Il y a notamment 70% des cours d’eau en Chine qui sont pollués à cause des usines de textiles. Plus de 70 millions d’arbres sont utilisés chaque année et transformés en tissu, comme la soie artificielle. Des exemples comme ceux là, il en existent des tas. Mais il ne serait pas honnête de dire que ces entreprises soient les seules à contribuer aux dérèglements écologiques. Le monde de la production doit évoluer avec son temps. Plus question de mettre de côté les questions de protection de la planète, il faut agir maintenant. Car, si rien ne change, selon un rapport du Global Fashion Agenda et du Boston Consulting Group, les émissions de CO2 liées à ce secteur pourraient augmenter de plus de 60% d’ici 2030, atteignant près de 2,8 milliards de tonnes chaque année.

Un manifestant portant une tête en papier mâché à l’effigie de Donald Trump manifeste devant la Maison-Blanche, le 29 avril dernier. ARCHIVES AP