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Art & Idée Cinéma

Retour sur les grands gagnants du Festival de Cannes : Ruben Östlund et son film The Square

Pour cette 70ème édition du Festival de Cannes, c’est le film The Square, de Ruben Östlund, qui rafle la Palme d’Or et divise les critiques. Explications. 

Alors que stars et festivaliers voyaient déjà le poignant 120 battements par minutes, de Robin Campillo, retraçant les années sida et les prémisses d’un militantisme nécessaire, remporter le prestigieux prix, c’est finalement le réalisateur suédois que le jury, présidé par Pedro Almodóvar, a choisi de récompenser.

Né à Göteborg en Suède, dans une société réputée comme étant l’une des plus heureuses au monde, Ruben Östlund se plait à écorcher cette communauté à travers des films emprunts d’un cynisme non dissimulé. Diplômé d’une école de cinéma et de photographie en 2001, il met d’abord son métier au profit de sa passion, le ski, en réalisant des films de ski, et renoue d’ailleurs avec celle-ci à travers le film Snow Therapy, lauréat de la section Un certain regard à Cannes en 2014. Occupant les sections parallèles à plusieurs reprises, il a fait sa grande entrée en compétition officielle cette année avec le palmé The Square.

Tirant son nom d’un projet artistique exposé au Vandalorum Museum dans le sud de la Suède (désormais installation permanente dans le centre ville de Värnamo), illustrant l’idéal de consensus censé gouverner la société dans son ensemble, le projet du film The Square a vu le jour suite à l’apparition du premier « quartier fermé » en Suède en 2008, un lotissement sécurisé auquel seuls les propriétaires en ayant l’autorisation peuvent accéder. S’agissant d’un exemple extrême qui montre que les classes privilégiées s’isolent du monde qui les entoure, c’est aussi un des nombreux signes de l’individualisme grandissant, qui croît également dans la société suédoise, et que Ruben Östlund a voulu représenter.

The Square de Ruben Östlund, Palme d’Or de la 70ème édition du Festival de Cannes

The Square c’est l’histoire de Christian – interprété par l’acteur danois Claes Bang – conservateur d’un musée d’art contemporain en Suède qui prépare une exposition audacieuse sur la tolérance et la solidarité. Seulement, quelques jours avant son inauguration, l’univers de l’homme bascule lorsqu’il se fait voler son portefeuille. C’est une critique très éhonté, mais non dénué d’humour, de ce milieu de l’art contemporain – qu’il juge d’ailleurs « bien trop distant de la vraie vie » – et des nantis qui le composent, qu’édifie The Square.

Cette Palme d’Or 2017 ne fait pas l’unanimité, tantôt jugée « décevante » par les critiques pour lesquels 120 battements par minutes s’imposait largement dans la sélection, tantôt une « belle surprise » récompensant leur coup de coeur. The Square reste cependant une satire réussie, percutante, cruelle mais drôlement jouissive.