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Musique Sélection 2018

Azul, un artiste sous la surface

« Il y a des mondes dans les seins de Keira,
Des lunes blondes, blanches on n’y croit pas.
Il y a des ondes dans les yeux de Keira,
Les heures s’y fondent, longues et douces à la fois… »

La musique d’Azul est une musique de l’amour ; des mélodies chaudes aux sonorités latines qui révèlent par fragments la personnalité d’un musicien sentimental. Son album Sous la surface interroge le monde dans lequel il vit, et suspend par ses mots le temps, trop rapide, trop blanc et sans magie d’aujourd’hui. Une voix suave que le TTT Magazine est allé faire chanter. 

TTT : Qu’est ce qui t’a donné envie de faire de la musique ?
Azul : C’est avant tout le rythme. Tout petit, j’ai eu un coup de foudre avec une batterie lors d’un mariage. À 3 ans à peine, je restais scotché sur cet instrument. À partir de là, j’ai été attiré par l’envie de créer des sons moi-même, en tapant un peu partout puis en m’essayant au synthé.

Tu as beaucoup voyagé et cela se ressent dans les sonorités de tes titres, pourrais-tu nous en dire plus ?
Effectivement j’ai pas mal bougé, ça m’a permis de découvrir différents styles. J’ai eu l’occasion de vivre en Espagne, les enchaînements de notes latines me sont donc familiers. J’intègre des petits sons dans ce style, qui se baladent sans trop se faire remarquer…

Quid de la guitare sèche, ton instrument de prédilection ?
Surtout mon instrument de composition. Ça sonne folk, ça sonne espagnol.

Quelle est ton opinion sur la scène française actuelle et du retour en force de notre langue ? Récemment, il y a en a un qui est assez troublant, c’est Ben Mazué, qui fait de très jolies chansons. J’apprécie aussi Zoufris Maracas, c’est un peu plus world music, ils sont très forts !

Ce qui t’attire, ce sont donc les paroliers. Lesquels apprécies-tu dans les générations précédentes ?
Les paroliers que j’aimais dans mon adolescence, c’était les chanteurs français un peu réputés comme Goldman, Souchon ou encore Cabrel. Ils avaient des façons de déclamer qui m’avaient accroché, plus que des Piaf ou des Ferré, car la musique me manquait chez ces vieux artistes, alors que leurs mots étaient incroyables.

Pourquoi as-tu choisi de te lancer dans une carrière solo, il y a maintenant 6 ans ?
J’ai fais des groupes avec des potes étant plus jeune, un duo avec un pote guitariste avec qui on a fait pas mal de compo, un groupe un peu pop-funk… Suite à ces formations j’ai décidé de chanter, ce n’était pas moi le leader du groupe et il ne voulait pas partager. (rires)

Ta musique est taillée pour la scène, un instant joyeux, dansant et vrai. Ça te convient si je l’interprète comme cela ?
Je ne te contredis pas du tout. (rires)

Quels liens arrives-tu à tisser avec les gens devant lesquels tu te produit ?
La scène c’est l’endroit où je me sens vivre, c’est le contre-balancier du travail qu’on peut faire chez soi, dans sa bulle. Et comme je compose toujours ma musique en imaginant le live, je dois la condenser. Alors quand on est sur scène avec mes musiciens qui sont vraiment talentueux, on n’hésite pas à ouvrir les chansons et à laisser parler les instruments. En tout cas on s’éclate et je pense que les gens aussi.

Quels sont tes processus créatifs : la musique avant les paroles ou l’inverse ?
Avant ça, il y a forcément un événement qui va semer une petite graine : une mélodie, des paroles, un évènement, une relation amoureuse qui va ouvrir quelque chose. Mais il n’y a pas de règles, parfois je suis avec ma guitare et je me laisse aller à des musiques, à des mélodies qui arrivent, parfois je me laisse aller au texte.

Justement, on retrouve le thème récurrent de l’amour dans tes chansons, cela provient d’histoires personnelles, ou d’une envie de célébrer cet état au sens large ?
Je raconte les histoires telles que je les ressens, en espérant toucher les gens. Sans faire un hymne à l’amour, la relation avec une femme n’est pas si simple, et ça nourrit. Et si ça ne parle pas d’amour, ça parle de femmes. (rires)

Ton titre « Emma », c’est une histoire personnelle ?
C’est une histoire perso, mais je ne pense pas être le seul à l’avoir vécu. (rires) Je crois qu’on a tous rencontré une Emma, qu’on regarde d’un œil, qui nous émoustille, qui nous fait nous sentir différent par sa présence, qui dégage quelque chose d’indescriptible.

Ton nouvel album s’appelle « Sous la surface », c’est un titre évocateur de ce que représente la musique : on va chercher ce qui est en dessous, dans les profondeurs pour en excaver du sentiment.
Complètement, dès que la musique arrive, l’effet doit être instantané en allant chercher des sentiments enfouis. Si elle te touche tout de suite c’est magnifique et ça se passe sous la surface tout ça.

L’esthétique visuelle de tes clips est très variable selon le thème, tu dois donc passer beaucoup de temps à concevoir tes clips ?
Chaque chanson mérite son univers. En général, je suis attiré par l’esthétique, que ce soit dans les sons ou les images. J’essaie de réaliser quelque chose d’assez précis de ce que je ressens. Je prends beaucoup de temps à monter et j’aime beaucoup jouer avec les rythmes, comme tout le monde ne l’entend pas comme moi, je m’y colle pour que ce soit le plus précis possible.

Dans le dernier clip que tu as sorti, tu joues avec une femme dans un esprit décalé et  enfantin. C’est quelque chose qui te parle le rapport au temps qui passe et à l’enfance ?
C’est exactement ça, on est deux quadragénaires dans ce clip, et on joue aux enfants. C’est peut-être l’intime expression d’une nostalgie, d’un rapport plus simple entre deux personnes et qu’on ait 30, 40 ou même 60 ans, je crois qu’on reste toujours un enfant. C’est un petit clin d’œil et comme je pense être un romantique, j’aime exprimer cela, je trouve que ça manque un peu aujourd’hui.

Ça manque dans notre société en général ?
On est dans un truc où l’on n’a pas le temps, on enchaîne tout sur le même plan et il y a moins de magie.

Après plusieurs clips, un album, une carrière déjà bien remplie, quelles sont tes perspectives, qu’as-tu envie d’explorer ?
J’explore de nouvelles choses en ce moment même. Je suis un enfant du hard rock, et je me dirige dans cette direction tout en étant influencé par l’électro puisque j’ai fait mes premières armes sur de l’électro. Mes maitres à l’époque c’était Jean-Michel Jarre. Les prochains morceaux seront un peu plus puissants, avant on était sur quelque chose de plus folk.