Art & Idée Musique

Petosaure : ?

C’est une belle soirée de Mai, il est environ 19h30. Paris se vêt de ses plus belles couleurs, baigné dans les lueurs colorées du coucher de soleil. Le pas hagard, je franchis les portes de la Réserve, un luxueux établissement VIIIème arrondissement. Le groupe m’y a donné rendez-vous.
Enfin, je vais pouvoir répondre à cette question que j’ai tourné et retourné dans tous les sens :  Qu’est-ce que Petosaure ?
Derrière un nom plus qu’original et des titres qui questionnent, Petosaure c’est l’histoire de trois mecs : Petosaure lui-même, Krispy Krust et Meunier. Tous trois issu du milieu métal, l’âge adulte les maltraite et le bonheur les encense. On les découvre au travers d’une musique un peu mystique, légèrement psychédélique, un brin romantique. Ils nous perdent au détour de sonorités lancinantes et de paroles poignantes. Petosaure c’est de l’humour, parfois pas très fin, mais surtout de l’amour à retrouver dans leur nouvel album, Le Fantôme de l’Enfant.

 

TTT : C’est quoi Petosaure ?

Petosaure : C’est avant tout mon nom, je l’ai inscrit sur ma carte d’identité à 20 ans. Enfant, j’ai rencontré Charles Trenet, dont j’étais fan. Il m’a pris dans ses bras à la fin d’un concert et m’a murmuré : « Tu seras Petosaure ».  Quelques années plus tard, j’ai croisé Alain Bashung au détour d’une soirée. Il m’a marmonné quelque chose qui ressemblait à cette phrase.  J’ai eu du mal à mettre des lettres sur cette phrase et j’en suis arrivé à : « Tu seras Petosaure ».

Qu’est ce qui vous a amené à souscrire à ce projet ?

Krispy Krust : Ce Projeeet (intonation d’Emmanuel Macron, ndlr) s’est concrétisé naturellement. La première journée de studio, Petosaure m’a proposé une musique et j’ai mis une batterie dessus, c’était très instinctif.

Comment définiriez-vous votre musique ?

Meunier : On n’arrive pas spécialement à la définir. Petosaure compose et on propose ensuite notre propre interprétation. On ne pense pas, on agit. Personnellement, je vois notre musique comme une variété française un peu psychédélique.

Petosaure : C’est juste un projet libre. On s’est dit : le français c’est magnifique, on a envie de chanter dans cette langue.  À coté de ça, la variété française n’est pas toujours magnifique, nous essayons d’apporter notre touche. Je pense malheureusement qu’il y en a qui font ça sans coeur, on a besoin d’entièreté dans la musique.

Vous avez déjà dit que Petosaure, c’était la difficulté de la transition entre l’enfance et le passage adulte. Vous pouvez nous expliquer pourquoi ?

Petosaure : Plus qu’une transition, c’est une acceptation. J’ai toujours été un enfant et je n’arrive pas à devenir un adulte, c’est aussi le cas pour Meunier et Krispy Krust.

Kripsy Krust : On est les Daniel Cohn-Bendit de la musique. (rires)

Vos titres nous plongent dans des ambiances très sombres, est-ce qu’elle illustre une certaine violence intérieure qui s’extériorise par la musique  ? 

Petosaure : Il faut venir nous voir en concert, c’est très explicite. On est toujours des deaths metalleux dans le fond. On est là pour extérioriser de la colère, de la frustration mais aussi de la joie et de l’amour. Tout est toujours très violent. Même si un jour on fait quelque chose de doux, ça restera violent

J’ai l’impression que vous narrativisez en permanence votre histoire, vous inventez des anecdotes marrantes et burlesques, est-ce que vous ne vous cachez pas un peu derrière des personnage pour ne pas qu’on vous découvre ?

Meunier : C’est le syndrome du ventriloque. Se cacher derrière un personnage, ça permet d’exprimer des choses qui sont enfouies sans la peur que ça nous retombe sur le coin du museau.
Il y a beaucoup d’émotions brutes et peu de filtres. On arrive à détacher l’affect, ce sont nos personnages qui les vivent, on a la possibilité de leur faire vivre des choses violentes sans les ramener chez soi.

Petosaure : On est très sérieux quand on fait de la musique. Par contre, on n’est pas obligé de l’être quand on n’en fait plus

Vous vous êtes associé à l’artiste Jaky la Brune et sur scène vous jouez autour de ces œuvres. Pouvez vous nous en dire plus ?

Petosaure : Ça a été une association dès le départ. On  s’est rencontré sur un bateau à Pondichéry et on a eu une aventure passionnelle. On s’est ensuite éloignés puis recroisés à la naissance du projet, elle l’a complètement épousé. Elle produit des œuvres où l’on arrive à se perdre, et en se perdant dedans on arrive également à nourrir ses œuvres

Krispy Krust : on joue sur scène autour de ses œuvres, on immerge les gens dans l’univers de Petosaure et Jaky La Brune fait parti de Petosaure. On ne veut pas proposer seulement de la musique mais tout un univers.

Ah oui, au fait, on vous assure que Kripsy Krust et Meunier sont bien les Dafts Punk, ce n’est pas une rumeur.

Retrouvez Petosaure en Concert au Bus Palladium, le 2 Juin à 20h00 
6, rue Pierre Fontaine
75009 Paris