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Art & Idée

« On ne nait pas Cagole on le devient »

Zoom sur le reportage féministe de Sébastien Haddouk "Cagole Forever"

« Il n’y a pas une cagole, il y a des femmes. Avec ce documentaire, j’ai voulu casser les préjugés, défaire cet enfermement créé par le vêtement. Et puis montrer que les cagoles, parce qu’elles s’habillent de façon légère ne sont en rien des filles faciles ou des putes comme on tend à croire » explique Sébastien Haddouk réalisateur du documentaire «Cagole Forever» qui sera diffusé le 15 février prochain sur Canal +.

Exit la parisienne avec ses clichés de femme filiforme habillée en noir de la tête au pied et faussement négligée. Avec ce nouveau documentaire diffusé par Canal + «Cagole Forever» une nouvelle image de la femme voit le jour. Terme communément employé pour désigner la femme un brin vulgaire des quartiers de la cité phocéenne, la cagole fascine autant qu’elle dérange et invite à un réflexion sur sa définition et son utilisation. Femme libre et libertaire, revancharde et désabusée ou simplement femme de mauvais goût et de mauvais moeurs ? C’est à cette question que le documentaire de Sebastien Haddouk tente de répondre.

Avec une démarche ayant la volonté de sortir la cagole de son enfermement grossier et injurieux, le documentaire nous révèle une vision de la femme qui cherche à s’affranchir des codes classiques de la mode et cherche à porter fièrement et de manière quasi naturelle l’étendard de ses valeurs féminines. Au fil du reportage on suit le quotidien de trois  marseillaises, on interview une chanteuse de rap anciennement actrice porno, on apprend qu’un collectif de femmes cagoles militent pour leur valeurs et leur reconnaissance, on interroge Pamela Anderson et on va même jusque dans les premiers rangs des défilés de la capitale pour recenser les « cagoles parisiennes ». C’est dire qu’il y aurait en fait pléthore de femmes cagoles et que ce terme transcende en réalité tous les styles et tout type de femmes.

Afin d’étayer au mieux le terme une linguiste ainsi qu’une sémiologue ponctuent le reportage de références historiques et sociétales. Ainsi on apprend que le terme dériverait du mot « cagoulo » désignant la femme vue comme prostituée portant le tablier au XIX ème siècle. De plus le verbe « caguer » vient littéralement de la personne qui défèque. La chieuse en quelque sorte. D’où ce vocabulaire dégoûtant qui lui colle à la peau. Bref quelle soit fardée de trop de maquillage, d’auto bronzant, qu’elle pousse des gueulantes aux terrasses des cafés, qu’elle porte des cuissardes et des tee-shirts aux couleurs aussi criardes que leur teinture de cheveux, la cagole se sent féminine et femme à part entière en assumant et conciliant sa vulgarité asumée à demi-mot. C’est le souci didactique du reportage et de son auteur qui compte bien en finir avec les stéréotypes hâtifs.

On vous laisse juge de l’aimer ou de la détester.
Girl Power !

CAGOLE FOREVER un film de Sébastien Haddouk
Le 15 Février à 22h50 sur Canal+