Lifestyle Mode

Le cuir vegan : quand un mode de vie alternatif s’attaque à la mode

Comment intégrer de manière significative une dimension véganiste dans une industrie du luxe où peaux et fourrures persistent à renvoyer à l’image du style et où la souffrance animale est occultée ? Peut-il y a avoir une cohabitation complète ou partielle ?

« Go vegan, go leather ! » Tel pourrait être le cri victorieux des défenseurs de la cause animale pour le vêtement de cuir.

Avec plus de 90 milliards d’euros, le marché du cuir est en constante évolution. Du vêtement à la maroquinerie, cette matière a toujours fasciné. La Fédération Française de la tannerie Mégisserie rappelle, « le cuir est de la peau d’animale, rendue imputrescible (tannée), fruit de la transformation opérée par les tanneries et les mégisseries ».

Aujourd’hui, alors que les mouvements alternatifs de défense et de la protection des animaux se multiplient et exercent une pression significative, forcée, l’industrie très fermée de la mode souscrirait davantage au mouvement. Plus qu’une simple tendance, le veganisme respecté à la lettre est une vraie philosophie de vie, un véritable lifestyle à part entière respectueux de la cause animale. Le site Vegan France.fr souligne que le terme « véganisme exprime alternativement la pratique de l’éthique et la pratique d’exclusion quotidienne des produits issus de l’exploitation des animaux. »

Sous cette pression grandissante, de nombreuses marques et maisons de couture ont du trouver des solutions : Stella McCarteney, Dr.Martens, Esprit se sont mit à fabriquer des vestes et des bottes en plastiques recyclé à partir de plantes présentant des caractéristiques techniques et esthétiques semblables au cuir classique. Le cuir trop exposé trahis la présence de PVC et les vinyles sont de plus en plus polluants et chargés d’additifs. Les microfibres de polyuréthane sont dès lors plus souples et moins irritantes. La recherche continue de trouver des solutions alternatives aux hydrocarbures. De plus, la société italienne Grado zéro Espace développe des tissus à partir du chapeau des champignons. Comble du végétalisme l’huile des feuilles d’ananas, conçue par la designer espagnole Carmen Hojisa permet la création d’une matière similaire au feutre. Le varech (algue brune) ou encore le liège sont également mis à contribution pour sauver la peau des animaux. Le site Stella McCartney consacre tout un volet au « cuir végétarien » tentant d’expliquer et de sensibiliser ses acheteurs. « Nous pensons que ne pas utiliser de cuir est un choix à la fois moderne et audacieux. […] En tant que marque prônant le végétarisme, nous n’utilisons pas de cuir, de peaux, de fourrures, ni de plumes dans nos produits, même ceux fabriqués par nos partenaires ou entreprises sous licence. ». Outre le cuir, la fourrure participe depuis plus longtemps à cette volonté d’exclure l’animale du vêtement : dernière en lice la marque The Kooples a décidé de bannir récemment et de manière définitive toute fourrure animale. Il était temps! On doute tout de même de la bonne volonté des marques de prêt à porter et surtout de couture à intégrer complètement l’exclusion de l’animal dans ses produits.

Autant de solutions alternatives qui s’inscrivent néanmoins dans ce mouvement militant du véganisme à l’heure où la souffrance animale, aussi terrible soit-elle, commence à éveiller les conscience des plus réfractaires et insensibles.