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Mode

Gucci | Prefall 18 : Le géant italien de la mode en grève

Gucci nous a dévoilé la semaine dernière les images de sa dernière campagne pour la Prefall. Pour cette saison, après Florence, Berlin, Tokyo et Rome, l’illustre maison italienne a largué son éclectique tribu dans les rues de Paris. Un changement géographique et intemporel car il nous transporte en plein Mai 1968, le printemps de la rébellion étudiante dans la Ville Lumière.

Une jeunesse bien éduquée, qui dans les rues brandissait le Petit livre rouge de Mao pour s’opposer à la société et à leurs parents. La vision que Gucci se fait de cette jeune rébellion est beaucoup plus romantique que revendicatrice – après tout, ces rêveurs citent des vers de Rimbaud, poète symboliste bohème, et se réunissent sous la bannière Liberté, égalité, sexualité. Dans les trois teasers de la campagne, des couples d’étudiants échangent des mots en secret pendant un cours de poésie et portent un slogan d’amour.

Gucci en fait des rebelles avides de progrès et assoiffés d’optimisme. Ils sont pris dans un élan d’idéalisme et de passion, unis par le désir de renverser le moindre code. La mise en scène se situe dans le cadre universitaire, en école d’art, Gucci reste fidèle aux faits historique puisque la révolte de 1968 a commencé au mois de mai à La Sorbonne.

Les images de Glen Luchford s’inspirent du style audacieux, expérimental et iconoclaste de la Nouvelle Vague de la fin des années 50 et des années 60, mouvement regroupant des cinéastes novateurs comme François Truffaut et Jean-Luc Godard. Elles s’accompagnent de Crispy Bacon, classique des classiques de la techno, le grand Laurent régale son spectateur par ses tonalités anarchiques qui lance nos rebelles sur la course d’un nouvel espoir.

Savoureux mélange des derniers déciles du XXe siècle, Gucci nous a concocté une campagne qui redonne à Mai 1968 toute sa jeunesse, en l’équilibrant aux progrès que le mouvement avait tant espéré. Capturant l’esprit de ce moment extraordinaire, cette campagne évoque l’âpreté urbaine du cinéma du milieu des années 90, cinéma que nous qualifierons tout bêtement de « culte » et d’une musique à la fois prolétaire et à la pointe de ce que nous avons pu faire en matière d’électro.

#GucciDansLesRues