Mode

Givenchy : l’Élégance a perdu l’un de ses meilleurs chevaliers

« C’est avec une immense tristesse que Monsieur Philippe Venet vous informe du décès de Monsieur Hubert Taffin de Givenchy, son compagnon et ami. »  Tels sont les premiers mots de la dépêche qui nous est parvenue ce matin par l’AFP, mots qui résonnent comme le glas d’une époque. Célébré entre autres comme l’homme ayant façonné le style de l’irrésistible Audrey Hepburn, mais également comme un créateur de génie, respectueux du passé et soucieux d’être toujours de son temps, l’héritage que lègue Hubert de Givenchy au patrimoine historique de la mode est considérable, et résonnera encore longtemps dans le monde.

« Balenciaga était ma religion. Puisque je suis croyant, pour moi il y a Balenciaga et le Seigneur ».

C’est à l’âge de 10 ans que le jeune comte de Givenchy –destiné par sa mère au droit- se rend à Paris, dans l’espoir de rencontrer son idole, Cristóbal Balenciaga. En vain. Cette déception de jeunesse n’ébranle pas ses rêves, et devenu jeune adulte, il n’a de cesse de se dépasser dans l’espoir d’atteindre son but. Car Hubert l’a décidé, c’est chez Balenciaga qu’il travaillera. Avant cela, pourtant, il se perfectionne chez d’autres : Fath, Piguet, Lelong et Schiaparelli. Quatre grands noms, certes, mais lorsqu’en 1953 Cristóbal Balenciaga le prend sous son aile, Givenchy admet : « lorsque je l’ai rencontré, j’ai pris conscience que je ne savais rien ». Pourtant, en 1953, la maison Givenchy est née depuis un an.

Le style Givenchy voit en effet le jour au printemps 1952, grâce aux conseils de son ami Christian Dior. La première collection du couturier est un succès fulgurant, par ses pièces aux lignes simples, modernes, architecturales. Le créateur insuffle à ses vêtements le savoir-faire qu’il a hérité de ses maîtres, mais également un style nouveau, à l’écoute de ces années mythiques d’après-guerre. Cet équilibre fait le succès immédiat de la maison.

Le style Givenchy voit en effet le jour au printemps 1952, grâce aux conseils de son ami Christian Dior. La première collection du couturier est un succès fulgurant, par ses pièces aux lignes simples, modernes, architecturales. Le créateur insuffle à ses vêtements le savoir-faire qu’il a hérité de ses maîtres, mais également un style nouveau, à l’écoute de ces années mythiques d’après-guerre. Cet équilibre fait le succès immédiat de la maison.

C’est par ces impulsions, ces coups de génie, que Hubert de Givenchy est parvenu à maintenir tout au long de sa carrière un succès inaltérable. Une écoute attentive de son époque et une constance dans la ligne de sa griffe, deux éléments qui lui permirent de toujours balancer avec bonheur entre tradition et innovation. Le couturier habilla les plus grands noms, les femmes les plus élégantes de son temps, de Jeanne Moreau à l’impératrice Farah Pahlavi, en passant par Grace de Monaco. Il su si bien donner une identité propre à sa maison de couture, qu’à son départ de cette dernière, en 1995, la transition se fit (notamment avec John Galliano, Alexander McQueen, Riccardo Tisci, et plus récemment avec la très talentueuse Clare Waight Keller), sinon sans heurt, tout du moins avec une grande élégance, celle-là même qui se dégageait du couturier.

Plus de 20 ans après qu’il a déposé les armes, la maison lui rend un hommage profondément ému et digne, saluant une « personnalité incontournable du monde de la haute couture française, symbole de l’élégance parisienne pendant plus d’un demi-siècle. Aujourd’hui encore, son approche de la mode et son influence perdurent ».

Aucun mot ne reste à ajouter, l’Élégance a perdu l’un de ses meilleurs chevaliers.