Art & Idée Musique

Douchka, l’enfant prodige de l’electro revient avec l’EP Infantile

Rendez-vous pris dans le studio de Nowadays, communément surnommé Le Bunker. Je fais connaissance avec Douchka, une personne simple doté d’un franc parler presque déconcertant, sûrement lié à ses origines bretonnes. Sa musique, fluctuante et euphorisante, agit comme un remontant solaire en cette fin d’été. Mais attention, cet EP ne cache pas seulement quelques inspirations lumineuses, il s’en dégage un univers sonore complexe, ou « hyper chiadé », comme dirait l’artiste. Le TTT revient sur cette discussion aux effluves caféinées autour de son nouvel EP Infantile, ses processus créatifs ainsi que le projet Leska.


TTT : Qu’est-ce qui t’a amené à faire de la musique ?
Douchka : Au tout début j’étais seulement DJ. L’envie d’être producteur est venu avec l’envie de créer et dévoiler mon univers.

Quels sont tes processus créatifs ?
Comme j’écoute beaucoup de choses, j’avais du mal à m’inscrire dans une scène en particulier car j’essaie de faire des DJ-set très variés. Je travaille avec différents instruments ou parfois simplement avec l’ordi. Pour Infantile,  l’EP s’est fait sur la route, on est ensuite revenu en studio ensuite pour finaliser tout ça.

Comment la rencontre avec le label Nowadays s’est-elle passée ?
J’ai rencontré Nowadays en rentrant d’une Masterclass à Tokyo qui s’appelait la « Redbull Academy ». Ça a changé beaucoup de choses, j’ai commencé à produire des sons dans cette mouvance « future beat », même si je déteste le terme. Le feeling est passé, on en est aujourd’hui au troisième EP.

Tu es intégré dans cette nouvelle vague électro estampillée Nowadays : Fakear, Clément Bazin… Est-ce que vous ne recréez pas avec ces artistes une sorte de nouvelle French Touch ?
Nos influences sont plutôt outre-Atlantique. Je pense que la particularité de ce label, c’est qu’il n’a justement pas d’estampille. Tu as des projets hyper pop qui fonctionnent dans les Zéniths tout en restant très qualitatif comme Fakear. Sinon, tu as des projets plus clubbing comme Everydayz en passant par des trucs hyper chelous et entraînants comme Le Vasco.
L’estampille serait plus à raccrocher à des labels comme Roche Musique qui s’inspire clairement de toute cette vague. Mais attention je les kiffe Roche Musique hein, big up à eux. (rires)

Dans ton dernier EP, il y a de nombreuses références à l’enfance comme dans « Sunday Morning » ? Pour toi il faut rester un enfant pour faire de la musique ?
Non je ne pense pas, mais c’est une phase de ta vie ou certains évènements te marquent profondément. Le terme infantile sur cet EP est plus à raccrocher à la manière spontanée – sans parler de naïveté – dans le fait de faire la musique. Le but était de créer une une musique qui se dessinait d’elle-même. Tout n’est pas écrit à l’avance comme le font certains artistes.

Un média a qualifié ton EP était de celui de la « maturité », c’est paradoxal lorsque l’on sait que son titre est justement « Infantile » ?
Plus tu avances, plus tu arrives à capter ce qui fonctionne. Tu commences à trouver ta patte sur le son que tu fais. Cet EP découle du live, dire que c’est celui de la maturité c’est encore un peu tôt, j’ai seulement commencé les live avec Fakear en octobre.

Parle moi un peu de tes collaborations avec Hi-Levelz et Lia, qu’est ce que ça apporte à ta musique ?
La règle que je m’impose quand je collabore, c’est qu’un feeling passe instantanément. La recherche d’un feat préfabriqué où l’artiste recherche sur SoundCloud la voix féminine qui irait bien sur son son ne me plait pas, c’est impersonnel et opportuniste.
Avec Hi-Levelz, on s’est rencontrés en soirée, et après une écoute mutuelle de nos sons on a collaboré. La prod. de « This Mood », je la faisais en ouverture de mes sets en festival, elle n’était pas sensée être featé mais ça valait le coup de tenter quelque chose. Il a une touche particulière, ce n’est pas seulement un rappeur, il a le background d’un jazzman.

Quelles sont les différences entre jouer dans une salle et dans un festival ?
Dans les festivals, ce qui est cool, c’est qu’il y a beaucoup de monde, ils calculent un peu moins les concerts. Ils ne te connaissent pas, pour certains tu vas être une bonne surprise et pour d’autres un truc nul à chier. En revanche, quand tu arrives dans une salle, les gens sont plus attentifs et exigeants, il faut plus aller les chercher. Je l’ai senti a ma première date solo au Point Éphémère. Ce n’est pas forcément le nombre de personnes qui est important, c’est ta manière de les capter et créer de l’interaction avec eux.

 

Parle moi du projet Leska…
Leska c’est un groupe qu’on forme avec Les Gordon. Ce n’est pas un side project mais un groupe à part entière, on essaie de mélanger nos deux univers et trouver une identité visuelle. On prend pas mal de risques par rapport à nos projets personnels qui sont déjà plus ancrés. Mais le retour déjà gratifiant, on a dépassé le million de streaming sans avoir sorti de maxi et on est déjà programmé dans pleins de dates. C’est un challenge et ça prend du temps parce qu’on veut faire les choses bien.