Fall-Winter 17/18

Christian Dior | FW 17/18 : Le grand bleu

Cette saison, Maria Grazia Chiuri réinvestit le musée Rodin pour nous plonger dans les profondeurs marines de la maison Dior. C’est au fond de la mer, là où tout est bleu que le designer italien ancre sa collection FW 17/18.

Dans univers abyssal riche d’une vie hors du commun, l’ancienne directrice artistique de Valentino nous dévoile ses silhouettes féminines en « bleu de travail ». Fini les looks d’escrimeuses présentés en septembre dernier, cet hiver sera celui de la femme militante en uniforme de travail. Quoi de mieux d’ailleurs que cette tenue pour mettre tous les hommes sur le même pied d’égalité ? Qui plus est en bleu ! Cette teinte, habituellement associée aux petits garçons habille désormais la féminité Dior. Et cela ne serait pas pour déplaire au fondateur de la maison. Pour lui, cette couleur était la seule capable de rivaliser avec la beauté universelle du noir. Aussi, il n’en fallait pas plus à Maria Grazia Chiuri pour s’en emparer. Dans cet univers bleu-nuit, elle va même jusqu’à convoquer des images astrales chères à Monsieur Dior.

©Adrien-Dirand

Entre héritage et évolution, les pièces de ce vestiaire mélangent les styles et les matières. Aux vestes bar revisitées se côtoient des ensembles en denim. Le taffetas des robes plissées ou à volant rencontre des combinaisons et des pantalons d’ouvriers. Les bérets en cuirs souples donnent une allure juvénile aux modèles alors que certaines se chaussent de cuissardes et de collants résilles. Les trenchs ceinturés croisent de nombreux imprimés écossais noir et bleu ou encore du velours. Les sacs, eux, se portent en bandoulière et laissent apparaître sur des sangles, des « J’adior » ou autres fantaisies.

© Morgan ODonovan
Le Dior de Maria Grazia Chiuri

Fidèle à sa volonté de faire du vêtement un agent libérateur pour la gent féminine, cette deuxième collection de prêt-à-porter n’efface pas pour autant le passé Valentino. Son ex-directrice artistique, Maria Grazia Chiuri, réactive, il est vrai, certains codes de l’héritage Dior mais est-ce pour autant une avancée pour le célèbre établissement de l’avenue Montaigne ?

© Morgan ODonovan

Certaines silhouettes de son défilé FW 17/18 ressemblent à s’y méprendre à celles SS17, la couleur en moins. Des robes de soirée transparentes en tulle brodé, des bustiers aux bretelles esprits sportwears ou encore des sous-vêtements apparents… Cette allure sportive et féminine ne nous est pas inconnue.

Alors certes, Maria Grazia Chiuri conjugue le patrimoine de la maison et ses influences culturelles. Mais, la femme Dior, elle, a encore du chemin à faire pour tendre à une véritable renaissance fidèle à ce qu’elle était à l’origine.