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Capsule : un week-end à Séville

Chaque week-end, TTT vous évade à la découverte d’une ville européenne au patrimoine artistique et culturel de choix. Scène gastronomique exemplaire, mais aussi lieu de foisonnement architectural, Séville retient cette semaine notre regard avec son décor exceptionnel, régulièrement utilisé au cinéma (Star Wars II, GoT, Le Dictateur, Mission Impossible II, etc.). Dressée le long du Guadalquivir la capitale de l’Andalousie reflète l’empreinte des différentes civilisations qui l’ont édifiée, et se prête à une évasion de quelques jours, seul, entre amis, ou en couple.

VENDREDI

Avant toute chose, on fixe son QG à l’hôtel Ribera de Triana, choisi pour sa proximité avec le centre-ville (comptez 10 – 15 minutes de marche pour regagner El Arenal), mais pas que : l’hôtel est certainement l’un des plus intéressants au niveau qualité/prix, et dispose sur le rooftop d’une petite piscine – de la taille d’un appartement parisien -, agréable au printemps, vitale pour un été en Andalousie : lorsque le soleil se couche et que s’allument les lumières bleues de la terrasse, les baigneurs quittent l’eau de la piscine et commandent un verre en observant le tout Séville s’assombrissant dans ce jaune-orangé si caractéristique du pays. C’est donc naturellement sur ce toit que commence ce week-end espagnol, dans la douceur d’un vendredi soir.

Fatigué par le voyage mais impatient de goûter à la nuit sévillane, on se décide pour une exploration nocturne. Un habitant nous indique El Rinconcillo, le plus vieux bar de Séville. Une taverne créée en 1670, rénovée mais inchangée depuis 80 ans par la famille De Rueda, toujours propriétaire, S’il y a un peu de monde, le lieu est prestigieux et familial, et surtout il est possible d’y manger à toute heure des produits frais, y compris un jambon espagnol à tomber. C’est avec un dernier verre de Manzanilla Solear, vin blanc sec mais harmonieux, que l’atmosphère sévillane, mélange d’intimité et d’originalité, commence à faire son œuvre : on ne veut déjà plus partir.

SAMEDI

Au matin, après un repos bien mérité, on néglige le petit déjeuner de l’hôtel, et en longeant la calle Castilla, c’est avant de traverser le Puente de Triana (alias Puente de Isabel II) que l’on trouve le mercado de Triana, marché traditionnel typique des villes espagnoles. L’ambiance est dans son jus, la circulation difficile, le bruit omniprésent, mais les habitués n’en sont plus déstabilisés. Les affaires sont bonnes, toutes les spécialités du pays sont aux rendez-vous, pour le bonheur du fin gourmet : Pata Negra, tortillas et autres tapas. On préfère les consommer sur place pour s’imprégner de l’atmosphère, si toutefois une place se libère.

Salon de Embajadores

A un quart d’heure de là, après avoir traversé le Puente de Triana, on visite le Real Alcázar. Construit en l’an 702 ce palais royal est l’un des joyaux de l’architecture Mudéjar, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’atmosphère étant plus détendue que celle du marché, on se laisse transporter de pièce en pièce par ces arcs aux ornementations spectaculaires, des arabesques nuancées de bleu, de gris et de beige. On aime être surpris par les marqueteries, par une salle en style gothique, emprunte d’un propriétaire royal d’une autre région. Après la visite du palais, on prend le temps de contempler le patio et l’on s’aventure dans les jardins, véritable eldorado, l’un des plus riches de la péninsule ibérique. Pour visiter ce havre de paix, palais et jardins, on compte une demi-journée.

Pour déjeuner, on mise sur la tradition et la proximité, à la Vineria San Telmo. bar à vin aux prix attractifs, proposant une cuisine méditerranéenne dans un cadre sympathique. La devise de l’établissement : « manger un peu de tout, parler beaucoup, boire avec sagesse et l’on arrive à la conclusion que le monde est beau ».. Il faut bien admettre qu’avec les délicieuses tapas, la terrasse ensoleillée, les souvenirs encore vifs des jardins et du palais, les rires des badauds et le bercement suave de la langue espagnole, rien n’entrave la douceur de ce moment. On savoure.

Delimbo – Felipe Pantone

Au programme, l’après midi, une atmosphère moins historique. C’est non loin de la Plaza Cristo de Burgos que l’on trouve Delimbo, le premier concept store d’Andalousie. Un vaste espace, moitié boutique, moitié galerie, influencé par le street-art et l’univers rock. Ses fondateurs, Laura Calvarro et Seleka, expliquent que la scène sévillane, dans ces domaines, représentée à l’étranger par la plasticienne Pilar Albarracin, aussi née sur cette terre, a son mot à dire dans la movida européenne. Séville, nouvelle Bilbao? On a envie d’y croire.

Comme on est juste à côté, on jette un œil à la Plaza de la Encarnación pour contempler le plus grand édifice en bois du monde : Metropol Parasol. Imaginé par l’architecte Jürgen Mayer, il a fallu 6 ans pour construire ce centre commercial en bois ultra-moderne en forme de parasol. En 2007, un an après que les travaux ont débuté, le projet est décrété irréalisable par l’entreprise en charge de sa construction. Après modifications des plans jugés trop basiques, l’édifice est construit à 80%. Inachevé, la finalité esthétique vaut tout de même le détour.

Metropol Parasol – Plaza de la Encarnación

Voilà qu’arrive l’heure de l’apéro. On se laisse aisément tenter par un cocktail sur la Terraza de EME, au dernier étage de l’hôtel situé Calle Alemanes. Avec la vue sur la cathédrale Santa Maria de la Sede, on savoure un Lemon Drop martini bien mérité, et on savoure cette expérience pleine de douceur.

À l’heure espagnole, ce n’est qu’à partir de 21h que les restaurants se remplissent, on aura donc pensé à réserver à La Brunilda, situé Calle Galera, non loin de l’hôtel. Dans un cadre discret et élégant, la cuisine marie l’ancestral au contemporain : les tapas sont dégraissées et la carte, aux tarifs abordable, convient également aux végétariens. De l’espagnol internationalisé, certes, mais après tout, il faut bien se tenir au courant.

Terraza de EME

Le soleil se couche et Séville s’éveille. Après une recherche vaine dans les guides des bars flamenco, on tombe (merveille du hasard) sur l’une de ces terrasses éphémères situées sur les bords du Guadalquivir (les bars, les terrasses, les kiosques et les discothèques s’installent du printemps à la fin de l’été, du parc Maria Luisa jusqu’au pont de la Barqueta). Coïncidence ou calcul, on a choisi la terrasse accolée au Punte de Triana, proche de l’hôtel. Ambiance électro-house, néons fluorescents et mobilier blancs sur moquette verte, c’est la garden party nouvelle génération, on chille à l’ibérique. Le service est rapide, les tarifs raisonnables, on danse sans avoir trop chaud, à ciel découvert, qui dit mieux ?

DIMANCHE

La nuit a été courte, certes, mais c’est le dernier jour andalou, alors on ne se lève pas trop tard, on boucle les bagages et on procède au check-out. Encore une fois on snobe le petit-déjeuner de l’hôtel, et on se pose à la terrasse d’un des deux cafés de la place, de l’autre côté de l’hôtel : 5 euros pour un café, des viennoiseries, pains et confiture, et un jus d’orange (non pressé hélas), quoi de mieux pour émerger. Comme on stresse de s’éloigner un peu trop de l’hôtel et de louper l’avion, pourquoi ne pas errer le long du Guadalquivir, et visiter le jardin américain, érigé en 1992, et acheter un livre d’art au CAAC, le Centre Andalous d’Art Contemporain, implanté dans un ancien monastère ? Si l’on a davantage de temps, direction Alameda de Hércules, la promenade dominicale des familles de Séville. deuxième plus grand jardin public d’Europe. Situé dans le quartier de la Feria, on y trouve fontaines, jeux d’eau et autres jeux d’enfants. On y goûtera l’atmosphère typique d’un dimanche familial sévillan, et grâce aux nombreux bars et restaurants qui le bordent, on pourra y prendre un dernier déjeuner avant que ne sonne l’heure du retour.

Car c’est déjà la fin, un week-end est chose trop courte, et Séville en mériterait bien dix avant que l’on s’en sente repu. Qu’importe, comme dit l’adage andalou,

« Quien no ha visto Sevilla, no ha visto maravilla ».*

Alameda de Hércules

 

 



ADRESSES

Hotel Ribera de Triana
Plaza de Chapina, S/N, 41010 Sevilla

El Reconcillo
Calle Gerona, 40, 41003 Sevilla
Ouvert tous les jours de 13h à 1h30

Vinería San Telmo
Paseo de Catalina de Ribera, 4, 41004 Sevilla
Ouvert tous les jours, de 13h à minuit

La Terraza de EME
 Calle Alemanes, 27, 41004 Sevilla
Ouvert tous les jours, de 16h à 01h00

La Brunilda Tapas
Calle Galera, 5, 41002 Sevilla
Horaires

Delimbo
Calle Pérez Galdós, 1, 41004 Sevilla
Horaires

Alcazar de Séville
Patio de Banderas, s/n, 41004 Sevilla
Ouvert tous les jour, de 9h30 à 17h

*Qui n’a jamais vu Séville n’a jamais vu de merveille.